L'Aulne maritime au gré des marées
L'Aulne maritime au gré des marées
L'Aulne maritime au gré des marées
L'Aulne maritime au gré des marées
LE PASSAGE
Colorisation approximative par IA d'une photo d'époque du bac du Passage
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Autrefois, la traversée de l'Aulne maritime s'effectuait par bac, notamment avec ceux du Passage de Térénez et de Treiz Guenhel (Dinéault-Rosnoën) lequel acheva son service en 1951 lors de l'achèvement du 2nd pont de Térénez construit en remplacement du précédent, détruit en 1944 par les allemands.
LE PASSAGE DE "TREIZ GUENHEL" AUTREFOIS
Un peu d'histoire ...
Le passage entre Rosnoën et Dinéault était appelé Treiz Guenhel, du breton treiz(h), passage, et du nom de Saint Guinal, dont la chapelle se dressait sur la côte de Dinéault.
La cale du Passage, existante depuis 1858 a été foulée par des flots de piétons, de bêtes, charettes et véhicules divers ... Le Passage constituait un axe de communication entre le nord et le sud du département vers le Porzay. Il assurait la continuité du chemin de grande communication n°47 entre Le Faou et Douarnenez. Le pic de fréquentation avait lieu lors du pardon de Sainte Anne La Palud en fin août.
La limite transversale de la mer se situe dans l'alignement des cales du Passage depuis 1885. Cette limite est différente de la limite de salure des eaux de l'Aulne située en amont entre les lieux dits Rosconnec (Dinéault) et Traon Huella (St Ségal).
Une carrière, située à 500m en aval du Passage - aujourd'hui envahie de brousailles - était exploitée pour la construction de l'écluse de Guily Glas, le chaland utilisé pour remorquer les pierres serait coulé à cet endroit au milieu de l'Aulne. A proximité se situe un lavoir toujours existant. On y accédait depuis un chemin - disparu suite au remembrement - qui descendait à travers champs depuis la route de Dinéault et des fermes.
Au cours des années 70/80, la cale du Passage de Dinéault a été en partie recouverte par un terre plein, recouvrant la vasière sur quelques centaines de mètres carrés. La ligne de côte initiale correspondait à l'alignement des maisons le long du terre-plein. La cale a été réaménagée et fortifiée partiellement de béton. Des pierres de l'ancienne cale surgissent de la vase en bas lors des marées basses de forts coefficients. La cale de Rosnoen a quant à elle été conservée en son état d'origine.
Un bar et une épicerie - tenus par Fernande, fille de Jean Horellou, le passeur - a maintenu un certain dynamisme au Passage jusqu'à sa fermeture vers 1984. De nombreux pêcheurs y faisaient une halte et à l'origine les passagers du bac dans l'attente de la traversée. C'était une activité complémentaire à l'activité du passeur. Dans les années 1970/80, on comptait plus d'une douzaine d'embarcation pêche-promenade ou barques à flot - nombreuses d'entre elles finirent par être abandonnées définitivement sur la vasière ...
Le Passage
Source : Bulletin des lois n°964 - 1885
Yann an Treizhour (Jean Horellou) le dernier passeur
Le Passage vers 1947
Carte d'état major entre 1820 et 1866 (intéractive)
Bac mentionné sur la carte de 1895
Carte de 1945
Episodes de vie au Passage
La cale du Passage daterait de la seconde moitié du 19e siècle "Le Passage est attesté au moins depuis 1514. Première cale en pavage à pierres sèches achevée en 1858 facilitant l'accostage des bateaux qui assurent le trafic sur l'Aulne entre Le Faou et le Porzay, entre Rosnoën et Dinéault. En 1875, 25 175 piétons, 435 chevaux, 60 voitures et 508 veaux et moutons empruntent le passage. En 1876, les travaux d' extension sont exécutés par l'entrepreneur Armand Gassis, de Châteaulin. Le passeur disposait, depuis le début du 19e siècle, d'une petite maison servant également de débit de boissons. Passage définitivement abandonné en 1951."
Source : Inventaire général des monuments de France - Dossier consultable : service régional de l'inventaire Bretagne - Hôtel de Blossac - 6, Rue du Chapitre 35044 RENNES Cedex - 02.99.29.67.67).
Site inscrit des Monts d'Arrée (Site pluricommunal) : arrêté du 10/01/1966. Ouvrage modeste mais significatif d'un patrimoine lié à l'activité martitime sur les bords de l'Aulne et méritant sauvegarde et entretien.
Extrémité de la cale de Rosnoën (2007)
AAA
LES PASSAGES DE L'AULNE MARITIME
Plusieurs bacs existaient sur l'Aulne maritime entre Landévennec et Port-Launay. En fonction de leurs dimensions, ils étaient en capacité de traverser des bêtes, des véhicules, des charettes et des piétons. D'autres plus sommaires étaient réservés seulement aux piétons et constituaient des opportunités de traverser d'une rive à l'autre.
Un rapport de 1874 du Conseil régional du Finistère rapporte les dysfonctionnements des bacs et la nécessité de revoir leurs modes d'exploitation.
Résumé de l’article sur les bacs du Finistère (1874) - (source : Rapports et délibérations / Conseil Général du Finistère - Gallica BnF - lien)
Le Conseil général du Finistère, alerté par des plaintes récurrentes concernant le service des bacs dans le département, a demandé aux ingénieurs des Ponts-et-Chaussées un rapport détaillé. Ce rapport vise à améliorer la gestion et la sécurité des 19 passages d’eau du département (dont 14 appartiennent à l’État et 5 au département).
État des lieux
• Nombre et répartition :
o 19 bacs au total : 11 réservés aux piétons, 8 pour voitures et animaux.
o 5 bacs gérés par le département (Saint-Jean-Plougastel, Térénez, Rosnoën (Treiz Guenhel), Bénodet, Saint-Maurice).
• Coût des adjudications :
o 2 244 francs pour les 14 bacs de l’État, 1 480 francs pour les 5 bacs départementaux.
• Problèmes majeurs :
o Matériel vétuste (notamment à Térénez et Bénodet).
o Plaintes fréquentes contre les fermiers (retards, sécurité, service défaillant).
o Accidents (ex. : bac de Térénez, où un cheval a failli causer un naufrage).
Propositions d’amélioration
Matériel et sécurité :
o Remplacement immédiat du matériel hors d’usage (Térénez, Bénodet).
o Équipement obligatoire (bouées, lignes de sauvetage, cales d’accès améliorées (travaux de Rosnoën en 1876).
o Surveillance renforcée (maires, gendarmerie, maîtres de port).
Gestion et réglementation :
o Concessions gratuites : Pour les petits bacs, confier l’exploitation à des personnes compétentes (système révocable).
o Régie directe : Pour les bacs importants (ex. : Saint-Jean-Plougastel), si les adjudications échouent.
o Réforme des cahiers des charges : double service permanent, horaires fixes (coordination avec les trains). Sanctions renforcées (pénalités, mise en régie en cas d’interruption de service). Livre de plaintes pour les passagers.
Financement et tarifs :
Abandon des redevances pour les petits bacs (ex. : Térénez, Dinéault-Rosnoën) pour favoriser un meilleur service (le bac de Térénez rapporte au budget départemental une redevance annuelle de 410 fr., et celui de Rosnoën, 300 fr). Révision des tarifs de passage, jugés obsolètes.
Débats et décisions
Opinions divergentes : certains prônent des concessions gratuites (moins coûteuses, plus flexibles), d’autres préfèrent tester la régie pour les bacs stratégiques. Adoption d’un financement pour l’entretien urgent du matériel.
Enjeu : Trouver un équilibre entre efficacité, sécurité et coût, tout en adaptant les solutions à la taille et à l’importance des bacs.
État des lieux
• Nombre et répartition :
o 19 bacs au total : 11 réservés aux piétons, 8 pour voitures et animaux.
o 5 bacs gérés par le département (Saint-Jean-Plougastel, Térénez, Rosnoën (Treiz Guenhel), Bénodet, Saint-Maurice).
• Coût des adjudications :
o 2 244 francs pour les 14 bacs de l’État, 1 480 francs pour les 5 bacs départementaux.
• Problèmes majeurs :
o Matériel vétuste (notamment à Térénez et Bénodet).
o Plaintes fréquentes contre les fermiers (retards, sécurité, service défaillant).
o Accidents (ex. : bac de Térénez, où un cheval a failli causer un naufrage).
État des lieux
• Nombre et répartition :
o 19 bacs au total : 11 réservés aux piétons, 8 pour voitures et animaux.
o 5 bacs gérés par le département (Saint-Jean-Plougastel, Térénez, Rosnoën (Treiz Guenhel), Bénodet, Saint-Maurice).
• Coût des adjudications :
o 2 244 francs pour les 14 bacs de l’État, 1 480 francs pour les 5 bacs départementaux.
• Problèmes majeurs :
o Matériel vétuste (notamment à Térénez et Bénodet).
o Plaintes fréquentes contre les fermiers (retards, sécurité, service défaillant).
o Accidents (ex. : bac de Térénez, où un cheval a failli causer un naufrage).
Propositions d’amélioration
Matériel et sécurité :
o Remplacement immédiat du matériel hors d’usage (Térénez, Bénodet).
o Équipement obligatoire (bouées, lignes de sauvetage, cales d’accès améliorées (travaux de Rosnoën en 1876).
o Surveillance renforcée (maires, gendarmerie, maîtres de port).
Gestion et réglementation :
o Concessions gratuites : Pour les petits bacs, confier l’exploitation à des personnes compétentes (système révocable).
o Régie directe : Pour les bacs importants (ex. : Saint-Jean-Plougastel), si les adjudications échouent.
o Réforme des cahiers des charges : double service permanent, horaires fixes (coordination avec les trains). Sanctions renforcées (pénalités, mise en régie en cas d’interruption de service). Livre de plaintes pour les passagers.
Financement et tarifs :
Abandon des redevances pour les petits bacs (ex. : Térénez, Dinéault-Rosnoën) pour favoriser un meilleur service (le bac de Térénez rapporte au budget départemental une redevance annuelle de 410 fr., et celui de Rosnoën, 300 fr). Révision des tarifs de passage, jugés obsolètes.
Débats et décisions
Opinions divergentes : certains prônent des concessions gratuites (moins coûteuses, plus flexibles), d’autres préfèrent tester la régie pour les bacs stratégiques. Adoption d’un financement pour l’entretien urgent du matériel.
Enjeu : Trouver un équilibre entre efficacité, sécurité et coût, tout en adaptant les solutions à la taille et à l’importance des bacs.
Situation en 1874 :
« Passage de Térennez : Le matériel se compose d'un grand bac en mauvais état, qui devrait être retiré du service ; d'un bac plus petit, en bon état, et d'un batelet en assez bon état. L'état du grand bac a occasionné, le 11 août dernier (1874), un accident qui eût pu avoir les conséquences les plus graves. Le service et la conduite du fermier ont donné lieu à des plaintes fréquentes et très-fondées.
Passage de Rosnoën : Le matériel, appartenant à l'Etat, se compose de deux grands bacs, tous deux en mauvais état et remplacés dans le service par un bac neuf appartenant au fermier »
En complément de ces pages, à noter l'excellent ouvrage AVEL GORNOG de l'association Etre Daou Vor dédiée au patrimoine de la Presqu'ile de Crozon, le n°5 présente l'histoire de l'Aulne maritime, et notamment des Passages sur l'Aulne, une référence !
En complément de ces pages, à noter l'excellent ouvrage AVEL GORNOG de l'association Etre Daou Vor dédiée au patrimoine de la Presqu'ile de Crozon, le n°5 présente l'histoire de l'Aulne maritime, et notamment des Passages sur l'Aulne, une référence !
Bac au Passage de Térénez
Passage de Térénez (source : collection des archives de Brest - cote : 9Fi0005 - autorisation de publication du 21/4/2009 WF)
Guide MICHELIN 1919 - p. 665 (source : gallica.bnf.fr / BnF)
Passage de Térénez (carte postale J. Le Doaré)
En complément de ces pages, à noter l'excellent ouvrage AVEL GORNOG de l'association Etre Daou Vor consacré au patrimoine de la Presqu'ile de Crozon, le n°5 présente l'histoire de l'Aulne maritime, et notamment des Passages sur l'Aulne, une référence !
BAC DE TREGARVAN
En 1877, le conseil municipal de Trégarvan sollicite le Conseil Général du Finistère pour l'établissement d'un bac régulier. Il refuse mais exige en contrepartie que le passeur de Dinéault effectue certaines traversées entre Trégarvan et Rosnoën lors des foires.
BAC DE MEILH DOUR (MOULIN D'EAU)
Tarifs des usagers du bac
(source : Bulletin des lois 1852 - Gallica / BnF - lien)
LIAISONS MARITIMES
Des compagnies maritimes à vapeur au départ de Brest jusqu'à Port-Launay et Châteaulin organisaient des déposes de passagers au cours du parcours. Selon les escales, les passeurs étaient sollicités pour débarquer les passagers sur la rive. A consulter : dessins d'Henry Kérisit sur les vapeurs de la rade.
(source : carte Michelin n°58 de 1945 : Brest - Quimper - coll. RC)
(source : carte J. Le Doaré coll. RC)
(source : carte J. Le Doaré - coll. RC)
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AU FIL DU TEMPS
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L'aménagement vers 1980 du terre plein au Passage de Dinéault a nécessité de reconstruire le haut de la cale et de renforcer par du béton celle conservée sur l'estran. Elle avait été ainsi envisagée pour permettre aux camions de collecter le sable des gabarres échouées et pour favoriser la mise à l'eau des bateaux. En 1983, une tentative peu concluante avec le sablier Aviateur Mermoz de Lampaul-Plouarzel (la dernière ?) fut réalisée avec le bateau échoué sur la grève. La construction d'un quai de déchargement adapté en aval de la cale était plébiscité localement mais n'aboutit pas.
Autrefois, l'Aulne maritime était fréquenté par de nombreuses gabares qui remontaient de Brest à Port-Launay - Châteaulin. Les dernières à voile furent La Fée de l'Aulne et le Notre Dame de Rumengol, chargées de sable. Le Penfoul fut en 2011 le dernier sablier à livrer du sable à la cale de Saint Ségal en aval de Guily Glas.
Le site du Passage est au coeur du Parc Naturel Régional d'Armorique. En 2010, il est inscrit sur la Route touristique de l'Aulne maritime.
REVUE DE PRESSE
Vers 2010, plusieurs éditions du festival MENEZ HOM JAZZ au Passage.
En 2024, l'association "Les passagers de l'Aulne" s'est créée afin de dynamiser le Passage de Dinéault.
Constituée de riverains, elle organise chaque année une fête et assure l'entretien de la cale.
En mémoire des sabliers qui remontaient l'Aulne maritime depuis la Rade de Brest jusqu'à Port-Launay et Châteaulin, entre 2005 et 2019, l'association de la La Route du Sable organisait une remontée de l'Aulne au départ de la cale du Passage de Rosnoën avec un nombre de plus en plus important de bateaux voiles-avirons ou traditionnels. Jusqu'à 80 embarcations se sont ainsi rassemblées sur l'Aulne.
Des ouvrages évoquent les passages de l'Aulne dont celui de Dinéault-Rosnoën.
© RC 2007-2026 Tous droits réservés
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